Alain Clarieux rigolait. Ça le gênait encore de rigoler tout seul mais là, soyons honnête, le petit écureuil n'en n'avait rien à foutre. A chacune de ses virées dans le bois près de Massines, trois fois par semaine, les lundi, mercredi, vendredi, de 11h à midi, il retrouvait le geai et l'écureuil, souvent au mêmes endroits, l'un s'effarouchant et déployant en silence son plumage coloré vers la branche la plus proche, l'autre, de moins en moins craintif et courant quelques mètres à ses côtés. Il n'aimait pas la nature. Il avait en horreur les écolos. Des gens grassouillets qui prônaient une rigueur punitive. Non, il aimait son écureuil et son geai, les pins et les chênes du sentier qu'il empruntait en trottinant pour garder son souffle et un semblant de forme physique. Il entretenait avec eux des rapports de nécessité, comme le militant du Front national avec son nègre de comptoir, celui avec lequel on a pris l'habitude de surenchérir dans le ma...